L’Assemblée générale du MRAP 66

Compte rendu assemblé générale MRAP 666

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Centre de retention à Perpignan: Communiqué de presse MRAP 66.

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Que se passe-t-il derrière les murs du centre de rétention ?

Samedi dernier, une cinquantaine de militants des droits de l’Homme (MRAP, ASTI, LDH, Cimade, comité des sans papier, RESF) se sont réunis devant le centre de rétention administrative de Torremila à Perpignan pour dénoncer :

– La logique concentrationnaire qui se développe pour empêcher la circulation des migrants en Europe et à ses frontières.

– L’adoption le 8 juin 2008 de « la directive de la honte » qui nous fait craindre un allongement de la durée de la détention.

– La volonté de « faire du chiffre » qui conduit à des drames inacceptables, mais aussi à l’humiliation de pauvres gens dont le seul tort est de chercher un endroit où ils pourront vivre dignement.

Les détenus ont été placé loin des manifestants afin de ne pas leur montrer « qu’à l’extérieur » des citoyens sont solidaires et condamnent les politiques des sarkozi, hortefeux et besson… Soudain, alors que les manifestants sont présents depuis près d’une demi heure, l’un des détenus réussi à déjouer l’attention des ses geôliers et à grimper sur le toit du centre pour crier au secours et communiquer avec les manifestants, puis un second détenu viens le rejoindre.

Les gendarmes sous le feu des caméras et appareils photos des pacifistes disparaissent de notre vue et laissent les détenus sur le toit. Tous les deux enlèvent le haut de leurs vêtements malgré le froid pour exprimer leur mécontentement des conditions de rétention. Un dialogue s’engage entre les détenus et les militants des droits de l’Homme. Les deux hommes crient leur détresse, disent qu’ils sont mal traités et que six entre eux ont entamé une grève de faim depuis huit jours. Un des détenus prétend qu’il est mineur, ainsi que deux autres personnes incarcérées au centre. La CIMADE, par contre, qui travaille à l’intérieur, affirme qu’il n’y a pas de mineur au centre. Dans ce cadre, la loi prévoit, s’il existe un doute sur l’âge de la personne qui se présente comme mineur, le service fera procéder à un test médical. Il s’agit d’un triple examen qui comporte un test osseux, une radiographie de la clavicule et un test de la dentition. Le résultat de ces tests donne généralement un âge moyen avec une fourchette d’un ou deux ans.

La loi prévoit que c’est alors l’âge le plus bas qui doit être pris en considération. La question qui se pose, donc, c’est si la procédure voulue par la loi était bien respectée car le détenu confirme que le médecin a conclu qu’il avait entre 16 et 17 ans.
Est-ce qu’on ne doit pas faire prévaloir son argument de défense, jusqu’à la preuve du contraire ?
Durant 45 minutes les deux détenus ont eté encouragés à décrire leurs conditions de vie dans le centre, ils ont finalement accepté de descendre à l’échelle dressée par les gendarmes.

De nombreuses questions subsistent, comment se fait-il que personne n’ait été au courant que 6 détenus font la grève de la faim depuis 8 jours malgré la présence d’une association humanitaire dans le centre ? Cette question en appelle d’autres, si personne n’est au courant d’une grève de la faim on peut légitimement se poser la question à savoir s’il n’y a pas effectivement des mineurs dans ce centre de détention …

Le MRAP 66 a décidé d’interpeller le préfet afin d’en savoir plus.

Patrick LECROQ

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