ROAD-DOC: QUI A PEUR DES GITANS?


« John Paul Lepers et son équipe sillonnent les routes de France à la rencontre de ces 400000 «étrangers de l’intérieur», et pour la plupart, Français depuis des siècles.
À bord de leur camping-car, ils s’immergent dans la vie des gens du voyage pour mieux comprendre leur quotidien, leurs préoccupations mais aussi leurs espoirs. Une enquête intime et sans complaisance qui les mènera de la région lyonnaise à la banlieue de Perpignan. »

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Le 14 octobre 2008, l’ERDF à la demande du maire de Pia arrache les compteurs éléctriques des gens du voyage.
Une quarantaine de famille se retrouve sans éléctricité et sans eau, alors qu’elles sont sur leur propre terrain.
Au printemps dernier, John-Paul Lepers et son équipe font un reportage sur les gitans et les gens du voyage. C’est Florence Akhrib de l’équipe du MRAP 66 qui accueille et pilote Ariel Hanoun, journaliste ( celle-ci prépare la venue de J.P Lepers).
Deux longues journées de rencontres qui permettent à l’équipe du tournage d’avoir un accueil très chaleureux.
Vous trouverez la partie sur Pia au début et à la fin du reportage, dont l’interview de Patrick Lecroq coordinateur au MRAP 66.

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Le MRAP s’interroge sur l’utilité du préfet.

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Accords écrits non suivis d’effet, jugements du tribunal sur la loi DALO pas appliqués…
I l y a plus de 5500 jours que je demande l’électricité et plus de 4000 jours que je suis sous assistance respiratoire » , raconte Guy. Cet habitant du Barcarès est en butte, depuis 15 ans, au refus de la DDE de lui accorder un branchement électrique pour la maison qu’il a achetée en 1992, sous prétexte qu’elle aurait été construite, 33 ans plus tôt, sans permis de construire et qu’elle serait en zone inondable.
Or par deux fois, en 1999 puis le 16 mars dernier, le préfet a donné son accord écrit pour que Guy, « malade à haut risque vital » selon la DDASS, et donc « usager prioritaire », soit raccordé au réseau électrique. La mairie du Barcarès en a fait de même. Pourtant, la DDE reste inflexible.
« A quoi sert le préfet si ses décisions ne sont pas appliquées ? » , interroge le MRAP.

Autre dossier, celui de Daniel, 59 ans, sans domicile fixe. En juin 2008, le MRAP dépose un dossier de demande de logement sur la commune d’Argelès, dans le cadre de la loi DALO (Droit au logement opposable, du 5 mars 2007). Dossier jugé recevable en septembre, validé par le préfet, représentant de l’Etat, lui-même garant du droit au logement selon la loi. Faute d’offres dans les deux mois qui suivent, le MRAP se tourne vers la mairie d’Argelès-sur-Mer. Qui ne donne pas suite. En mars 2009, le MRAP saisit le tribunal administratif (TA). « Le préfet est condamné à trouver une solution dans les plus brefs délais » , détaille Patrick Lecrocq.
Condamnation, sous astreinte financière, sans effet. Daniel, qui a obtenu la garde de ses enfants de 10 et 7 ans, est toujours à la rue. Le MRAP saisit à nouveau le TA qui, le 10 septembre dernier, demande au préfet d’exécuter son jugement de mars. « Plus de 60 lo gements sociaux ont été construits à Argelès. On sait qu’au moins une demande dans le cadre de la loi DALO, postérieure à celle de Daniel, a été satisfaite.
Pourquoi pas lui ? Que fait le préfet, qui doit appliquer la loi ? » .
Des dossiers de droit au logement opposable, le MRAP en a plus de 20 sur les bras. Une loi pour rien ?

l’indépendant.

Communiqué de presse: « Créteil Bébel » – « Paris Foot Gay ».

« Universalisme et humanisme doivent rester les principes du sport »

« Le dimanche 4 octobre 2009, dans le cadre d’une rencontre amicale de football, le Club ‘Créteil Bébél’ devait jouer contre le ‘Paris Foot Gay’ mais, la veille, lui faisait parvenir le message suivant : « Désolé mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous ; nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois excusez-nous de vous avoir prévenu si tard ».

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Cette rencontre dominicale, se déroulant dans le cadre d’une confrontation footballistique, devait être un moment de loisir et de plaisir pour les deux équipes.

Pour le MRAP, l’attitude du Club cristolien a gravement terni cet événement et a porté atteinte aux valeurs universelles du sport qui prônent la tolérance, la paix et le rapprochement entre les personnes et les peuples, quelles que soient leurs différences.

Le MRAP condamne sans appel l’attitude de refus discriminatoire dont a fait preuve l’association sportive qui s’affirme « musulmane » et rappelle qu’homophobie, racisme ou islamophobie, constituent un seul et même délit, moralement condamnable et proscrit par la loi française. Nul club ne devrait donc exister sur des bases « communautaires » de rejet de l’autre, quel qu’il soit.

Le MRAP apprend de sources concordantes, que ce match devrait finalement avoir lieu. Il faut s’en féliciter, tout en déplorant vivement que le mal ait été fait

Le MRAP réaffirme que l’esprit sportif doit obéir aux valeurs universelles de tolérance et d’acceptation de l’autre, quelle que soit sa différence. »

Rendons à César ce qui appartient à César! Le MRAP 66 n’a fait que relayer la position du MRAP national dans l’affaire de la discrimination homophobe du club « Créteil Bébel ».

Le MRAP 66 étant parfois critique par rapport à certaines positions du MRAP national (l’affaire PAPON, les caricatures…) quand les positions du MRAP national nous semble aller dans le bon sens, nous ne manquons pas de les faire nôtre.

Précisons que la lutte contre la discrimination dans le sport est l’un des axes forts de notre action dans les Pyrénées orientales. Si vous souhaitez vous impliquer dans ce dossier, vous êtes les très bienvenus.

Patrick LECROQ

Perpignan le 7 octobre 2009