5 novembre 2010 à Sète: Rencontre régionale « Histoire, mémoires, actions culturelles et discriminations »

la Cité nationale de l’histoire de l’immigration organise la prochaine rencontre régionale en partenariat avec le Conseil régional, la Drac, la DRJSCS du Languedoc Roussillon et la Scène nationale de Sète et du bassin de Thau.

Cette journée, intitulée
« Histoire, mémoires, actions culturelles et discriminations »

se déroulera le 5 novembre 2010 de 9h à 18h
au Théâtre Molière, avenue Victor Hugo à Sète.
Tél. : 04 67 74 32 52

Espérant vous retrouver le 5 novembre prochain,
Bien cordialement,

Le directeur général
Luc Gruson

Plan d’accès

Le programme format PDF

Brèves de rue

Le MRAP 66 a de nouveau participé à la « Semaine en avant pour l’égalité » pour sa deuxième édition.
Pour aborder le thème de la discrimination dans l’emploi, nous avons souhaité interroger les principaux concernés, à savoir les employés des structures d’accompagnement à l’emploi et surtout les usagers.
Nous tenons ma collègue Lorène le Charpentier et moi même remercier Giorgio Menegoni sans qui ce reportage n’aurait pas eu cette qualité technique.

Précision en ce qui concerne un témoignage: Nous avons eu recours à la traduction pour un témoignage, non pas parce que la personne ne parlait pas français! Ce qui serait aberrant je vous le concède après 10 ans de présence en France, mais parce que cette dernière avait peur d’être incomprise à cause de son accent. Nous lui avons donc proposé de témoigner dans sa langue natale, car nous avons trouvé son témoignage précieux.

M.Samia.

Le MRAP S’ASSOCIE A LA PLAINTE CONTRE LE FICHIER ETHNIQUE MIS EN PLACE PAR LES SERVICES DE L’ETAT

Le MRAP se joint à la plainte des quatre associations de Roms et de Gens du voyage déposée le 6 octobre 2010 devant le parquet de Paris, contre le fichier MENS (Minorités ethniques non sédentarisés).

Ce « fichier ethnique, illégal et non déclaré » de la gendarmerie sur les Roms et les gens du voyage est illégal et l’existence de tels fichiers ayant toujours été niée par le gouvernement français.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré ne « pas (en) avoir connaissance » mais va diligenter un « contrôle ». Si elle était confirmée, l’existence d’un « fichier ethnique », toujours niée par les autorités françaises, relancerait le tollé né des expulsions de Roms, reprochées à la France dans le monde entier.

Mi-septembre, les critiques avaient redoublé après la révélation de l’existence d’une circulaire du ministère de l’Intérieur, depuis remplacée par un autre texte, et ciblant expressément les Roms pour les reconduites à la frontière.

La plainte, déposée mercredi, émane de La voix des Roms, l’Union française d’associations tsiganes (UFAT), la Fédération nationale des associations solidaires d’action avec les Tsiganes et les gens du voyage (Fnasat) et l’Association nationale des gens du voyage catholiques (ANGVC). Le MRAP a donc rejoint ces associations vendredi 8 octobre après consultations des documents.
« Compte tenu de l’extrême gravité des faits », leurs avocats, William Bourdon, Henri Braun et Françoise Cotta ont demandé qu’une « information soit ouverte dans les plus brefs délais » par le procureur de la République de Paris qu’ils ont saisi mercredi, a annoncé jeudi à l’AFP Me Bourdon.
La plainte évoque des documents de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), dirigé par un gendarme, et destinés à « effectuer une généalogie des familles tsiganes ». Selon les associations, « cela ne semble possible qu’avec l’utilisation d’un fichier » dit Mens pour »Minorités ethniques non sédentarisées ».
Les plaignants affirment que ce fichier est « à caractère ethnique » et « n’est pas déclaré » à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) comme c’est obligatoire.
Les documents qu’ils joignent à leur plainte, « démontrent qu’il existe un moyen pour l’OCLDI d’effectuer une compilation des interpellations de Roms (étrangers) par la gendarmerie (…) pays par pays ». Ils « attestent de l’existence d’un fichier des interpellations des Roms (ethnie) nationalité par nationalité ».
Certaines données peuvent être retrouvées sur Internet et, fait rare, Me Bourdon a mandaté mercredi un huissier de justice pour « rechercher la trace » de Mens. Selon le constat d’huissier, parvenu également à l’AFP, une « liste de résultats » a été obtenue qui sera communiquée au procureur, selon Me Bourdon.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré jeudi « ne pas avoir connaissance d’un tel fichier », selon son communiqué. Mais « dans un souci de totale transparence », il a demandé au groupe de contrôle et de l’organisation des bases de données de la police et de la gendarmerie « de procéder à un contrôle des éléments recueillis ».
Ce groupe est présidé par le criminologue Alain Bauer, qui le réunira « dès la semaine prochaine », selon l’Intérieur qui relève que la gendarmerie ne lui a « été rattachée qu’à compter de la loi du 3 août 2009 ».
« Une note de la gendarmerie nationale, en date du 25 mai 1992, a fait référence à la notion de « minorités ethniques non sédentarisées », concède l’Intérieur sans autre commentaire.

Le MRAP sera représenté par Maître William Bourdon, avocat au Barreau de Paris.

Les premières réactions:

– PCF : « Décidément, plus un jour sans révélations des comportements scandaleux de l’équipe dirigée par Nicolas Sarkozy et François Fillon ». « Ce fichier illégal doit être détruit ». Son existence « est un argument supplémentaire pour s’opposer à la légalisation de statistiques ethniques. Un pouvoir faisant le choix de l’illégalité, profiterait de la moindre faille juridique pour pousser plus loin la discrimination, la stigmatisation, le racisme d’Etat ». « La flamme de la résistance et de l’espoir doit se rallumer ».

– Nathalie Griesbeck, eurodéputée MoDem: « La France mène et continue de mener, en toute connaissance de cause une politique discriminatoire, allant à l’encontre des valeurs tant de l’Union européenne que de la France ». « Malgré la mise en demeure de la France par la Commission Européenne et les mises en garde de l’ensemble des Etats européens et des organisations internationales, la France continue dans la voie de la stigmatisation d’une minorité ».

– P.S:

– Le Parti socialiste dénonce vigoureusement la constitution par l’office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) du fichier illégal MENS – « minorités ethniques non sédentarisées », sur lequel figurent les origines ethniques de gens du voyage.

– L’existence d’un tel fichier vient apporter une nouvelle preuve des mensonges du gouvernement, alors que le ministre de l’Intérieur répétait encore, le 25 août dernier, que le gouvernement ne fonde ses statistiques que sur les nationalités et non sur les communautés.

Après les déclarations outrancières du président de la République à Grenoble et les expulsions de Roms cette atteinte aux libertés individuelles est une nouvelle illustration des dérives d’une politique brutale et inefficace inspirée par une approche ethnique. Le gouvernement se met à nouveau en contradiction avec les engagements européens et internationaux de la France.