Marchons contre le racisme!

Appel des organisations des Pyrénées-Orientales

Marchons contre le racisme !

Le 30 novembre 2013 à Perpignan

 

Un climat nauséabond s’installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de «guenon », sont une souillure pour la République.

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion… Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.

 C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013 à Perpignan, à 14h30, au départ de la place de la République

Signataires 66 : ASTI – CFDT – CFTC – CGT – CIMADE – DDEN – FSU – FCPE – LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT – LDH – MRAP – RESF – SOLIDAIRES – UNEF –UNSA

Les Roms n’ont même plus le droit à nos déchets !

PARIS, 19 nov 2010 (AFP) – Un ressortissant roumain est visé par un arrêté de reconduite à la frontière assorti d’une interdiction du territoire français pour un an, selon une décision de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence dont l’AFP a pris connaissance vendredi.
L’homme âgé de 50 ans a été interpellé le 19 octobre par la brigade de gendarmerie d’Oraison lors d’un vol en réunion dans une déchetterie, précise le document selon lequel « le comportement de l’étranger a constitué une menace à l’ordre public ».

« L’accès au territoire français est interdit » à cet homme « pour une durée d’un an à compter de son départ », selon l’arrêté de reconduite à la frontière daté du 20 octobre et consulté par l’AFP. Interrogé sur cette double sanction, le Groupe d’information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti), estime que l’on « réserve de nouveau un traitement particulier à un Rom malgré les assurances données » à Bruxelles. Son président, Stéphane Maugendre, se demande si la mesure « ne constitue pas une application par anticipation » du projet de loi sur l’immigration d’Eric Besson qui a changé de portefeuille depuis le remaniement du gouvernement. Cette loi crée une interdiction de retour sur le territoire français à un étranger qui s’y est maintenu après une décision d’expulsion. M. Maugendre s’est dit « étonné » par la sanction « d’autant plus qu’elle vise un ressortissant communautaire » qui « n’a pas été poursuivi en justice pour le délit qui lui reproché si tant est que le vol dans une déchetterie est un délit ».
« Un vol dans une déchetterie qui constitue une menace à l’ordre public, ça confine au ridicule », a-t-il dit.

La « conférence internationale sur l’intégration des résidents étrangers à la vie publique locale » de Strasbourg lance un appel pour le droit de vote au niveau local des résidents étrangers

Strasbourg, 15.10.2010 – Dans une Déclaration adoptée le 15 octobre 2010, les participants à la « conférence internationale sur l’intégration des résidents étrangers à la vie publique locale », qui s’est tenue à Strasbourg, ont appelé les Etats membres du Conseil de l’Europe à ratifier et mettre en pratique la Convention européenne sur la participation des étrangers à la vie publique au niveau local. L’objectif est de permettre à tous les citoyens, qu’ils soient ressortissants de l’Union européenne ou non, de participer pleinement à la vie de leur collectivité.

« Nous sommes convaincus que l’octroi du droit de vote au niveau local à tous les résidents étrangers quelle que soit leur origine est aujourd’hui devenu une exigence incontournable fondée sur les principes de la Convention européenne des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Dans les villes qui accueillent les cultures les plus diverses, les étrangers qui y résident doivent pouvoir être des participants de plein droit à la vie de leurs collectivités et, pour cela, avoir le droit à une parole politique. Plus que jamais, nous sommes convaincus que la question de la participation des étrangers à la vie locale est essentielle.

« Aussi demandons-nous instamment aux institutions européennes et aux pouvoirs publics de tous niveaux des Etats membres, non seulement d’accorder le droit de vote et d’éligibilité au niveau local aux citoyens-résidents, mais également, de développer des politiques garantissant à tous les résidents les mêmes possibilités d’agir et de participer, au niveau local, en tant que citoyens à part entière, » ont souligné les participants dans la Déclaration.

Ils ont appelé les Etats, les régions et les communes à faciliter la mise sur pied d’organes consultatifs de représentation des résidents étrangers, et à organiser les moyens administratifs et financiers nécessaires à leur fonctionnement.

Les participants ont également encouragé d’autres initiatives sur l’intégration des résidents étrangers, des migrants et des populations Rom ainsi que sur le renforcement du dialogue interculturel et des relations interculturelles au profit de la diversité culturelle des villes.

Enfin, la Déclaration a appelé les collectivités locales européennes à se joindre aux réseaux des villes existants et à y prendre une part active et les Etats et les régions à faciliter leur mise en œuvre.

La Conférence a été organisée conjointement par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, la Ville de Strasbourg et son Conseil des Résidents Etrangers, ainsi que le Club de Strasbourg.

Le Congrès se compose de deux chambres, la Chambre des pouvoirs locaux et la Chambre des régions.
Il comprend 318 membres titulaires et 318 suppléants, qui représentent plus de 200 000 collectivités territoriales européennes.

Manifestation le samedi 4 septembre contre « la xénophobie et la politique du pilori »

Un rassemblement aura lieu le samedi 4 septembre à 10h Place du Puig (en haut de la place Cassagnes, près de l’église St Jacques), nous défilerons jusqu’à la préfecture où une audience avec le préfet sera demandée.
Nous comptons vivement sur votre présence pour combattre l’acharnement du gouvernement contre les diverses communautés stigmatisées ces derniers jours !!

Déclaration de paix du CAT (Collectif des Associations Tziganes)

Le Président de la République a déclaré la guerre aux gens du voyage et aux Rroms. Les Tziganes entendent répondre par une déclaration de paix pour éviter une explosion sociale.

L’organisation le 28 juillet d’une réunion à l’Elysée sur les « problèmes » posés par les Tziganes est une première depuis la Libération.

Comme trop souvent dans leur histoire, les Tziganes sont une fois de plus les boucs-émissaires privilégiés d’une classe dirigeante empêtrée dans les scandales politico-financiers.

Si Nicolas Sarkozy devait réitérer sa déclaration de guerre, le Collectif des Associations Tziganes serait amené à diligenter des actions judiciaires pour provocation à la haine raciale et à demander aux parlementaires de s’interroger sur la nécessité de réunir la Haute Cour.

La prégnance du racisme anti-tzigane dans la société française est telle que la confirmation le 1er juillet 2010 par la Cour d’appel de Paris de la condamnation de France Télévisions pour provocation à la haine raciale en raison du contenu d’une émission C dans l’air intitulée : « Délinquance : la route des Roms » est passée totalement inaperçue.

Alors que la France a fait l’objet de maintes condamnations par les instances européennes et risque de se retrouver au ban de l’Europe, aucun effort n’est fait par les pouvoirs publics pour lutter contre la multiplication des actes et des propos racistes dirigés contre les Tziganes.

Le 18 juillet 2010, la France a enfin reconnu officiellement le drame de l’internement et de la déportation des Tziganes de 1940 à 1946 par le biais d’un discours prononcé par le secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

Dix jours plus tard, Nicolas Sarkozy prend l’initiative d’une politique de nature raciale qui, si elle venait à être mise en œuvre, risquerait fort de constituer une nouvelle page noire de l’histoire de France tant il est vrai que Les Tziganes, au delà des profondes différences qui existent entre Roms et gens du voyage, sont soumis en France à un véritable régime d’apartheid en raison d’une législation d’exception indigne d’un pays démocratique.

Le Collectif des Associations Tziganes demande à être reçu par le chef de l’Etat pour évoquer les problèmes que posent les propos racistes de certains parmi les ministres et les parlementaires de l’UMP.

Le Collectif des Associations Tziganes demande l’abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l’Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane.

Pour la sauvegarde des valeurs universelles qui ont fait la grandeur de la France, le Collectif des Associations Tziganes lance un appel en reprenant les mots exacts utilisés il y a vingt-cinq ans par Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, dans son appel lancé à l’occasion du 41ème anniversaire de la bataille du Mont Gargan :

« En 1985, j’en appelle aux hommes et aux femmes à l’âme généreuse pour que dans un sursaut moral, une nouvelle Résistance commence afin que la France reste le pays des Droits de l’Homme. La flamme de la Liberté ne doit pas s’éteindre ! ».

COMMUNIQUE DE PRESSE: Gens du Voyage; Halte à la discrimination

Violences graves dans le Loir-et-Cher : le MRAP 66 condamne avec vigueur les amalgames présidentiels et exige qu’il soit mis fin aux situations discriminatoires que subissent tant les Gens du Voyage que les Rroms.

Le 16 juillet dernier dans la soirée, Luigi Duquenet, 22 ans, était tué par balle par un gendarme, lors d’un contrôle routier et au terme d’une course poursuite. Miguel Duquenet, le conducteur qui accompagnait Luigi, s’est livré jeudi à la justice pour donner sa version sur le tir mortel, à l’opposé de la thèse de la légitime défense défendue par les gendarmes.
« Quand on veut arrêter une voiture, on fait un barrage sur la route, on met des herses, on essaie de crever les pneus, il n’y avait rien de tout ça, c’était un guet-apens, c’est tout », avait expliqué ce père de famille, lors d’un entretien avec l’AFP chez lui, avant sa reddition.
Le parquet de Blois a ouvert deux enquêtes judiciaires parallèles sur le décès du jeune de 22 ans et sur les risques encourus par les gendarmes avant les tirs. Ces derniers assurent que le véhicule a refusé de s’arrêter et leur a foncé dessus par deux fois, ce qui a poussé l’un deux à ouvrir le feu.

Cette mort violente avait révolté et mis en émoi toute la famille du jeune homme ainsi que d’amples secteurs de la communauté des Gens du Voyage du Loir-et-Cher et des départements voisins, de nationalité française et installés de longue date dans la région. Les violences ainsi déchaînées avaient abouti dans la ville de Saint-Aignan, proche des lieux du drame, à une manifestation de révolte violente de la part d’une « quarantaine » de membres de la communauté, prenant pour cibles, notamment, le bâtiment de la gendarmerie, une boulangerie et les tilleuls de la place, sans par ailleurs provoquer de victimes.

C’est à la suite de ces événements qu’en ouverture du Conseil des ministres du mercredi 21 juillet, le Président de la République a annoncé, sans attendre la conclusion des ouvert deux enquêtes diligenté par le parquet, l’organisation d’une réunion spécifique sur les « problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms », allant jusqu’à préciser « Je tiendrai une réunion à ce sujet le 28 juillet. Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière ».

Si les actes commis par quelques dizaines de casseurs à Saint-Aignan sont condamnables, ses auteurs doivent être recherchés et sanctionnés mais c’est là le rôle de la seule Justice.

Le Président de la République, qui devrait être un garant de sérénité, a choisi au contraire de jeter de l’huile sur le feu par des déclarations fracassantes qui pratiquent un amalgame voulu (qui ne saurait être le fruit de l’inculture présidentielle) entre « Gens du voyage » – citoyens français de longue date – et Roms migrants non Voyageurs d’Europe de l’Est, (quelque quinze mille pour toute la France, pour la plupart « citoyens Européens ») venus se réfugier en France pour tenter d’échapper à la peur, au racisme, à la misère et aux inégalités abyssales qui sont leur lot dans leurs pays de nationalité.

L’effet le plus certain de cet amalgame présidentiel désastreux est de réveiller dans une partie de la population française, au nom de peurs ancestrales et irrationnelles, une recrudescence du racisme et de la xénophobie qui acculent déjà les familles aux expédients, à la mendicité et à vivre dans des bidonvilles.

Le MRAP :

– condamne avec vigueur l’intolérable amalgame des propos présidentiels à propos des Rroms migrants qui visent à légitimer, aux yeux de l’opinion publique, les évictions brutales des Rroms des lieux où ils tentent de s’installer, en vue de les « expulser » et de servir ainsi les objectifs chiffrés du gouvernement ;

– exige que des dispositions de simple humanité soient prises pour aider à l’insertion des populations rroms migrantes, comme il l’a déjà demandé à plusieurs reprises;

– demande que soit pleinement respectée dans le drame de Saint-Aignan la possibilité pour la Justice d’accomplir sereinement ses missions, tant en ce qui concerne l’ordre public (dégâts causés par les casseurs) qu’en ce qui concerne l’enquête sur la mort du jeune Luigi ;

– exige qu’aucune mesure d’expulsion de Gens du Voyage des terrains qu’ils occupent ne soit mise en œuvre tant que de très nombreux maires continueront à s’opposer à mettre en place les aires d’accueil des gens du voyage que la Loi impose à toutes les communes de plus de cinq mille habitants.